FAIS DE BEAUX REVES
Comme d’habitude chacun aura mangé de son coté. Ils trouvent que se retrouver face à face, à table, sans n’avoir rien à se dire est trop angoissant.
Surtout qu’ils ont prit l’habitude de ne mettre ni musique, ni télévision, alors le silence assommant se faire ressentir encore plus fort.
Antoine choisira une assiette de pâtes et Elise un yaourt nature avec un peu de sucre.
Ensuite, chacun s’aventurera dans une pièce de la maison.
Antoine ira regarder un film et Elise lavera son corps fatigué sous une longue et chaude douche. Ensuite elle se glissera dans un petit pyjama et ira, sur la pointe des pieds, prendre place dans leur lit si grand.
Là, elle attendra.
Elle se mettra sur le ventre, les bras contre son corps glacé. L’unique oreille qui ne sera pas collé contre le drap tentera d’entendre le moindre bruit dans la maison, le moindre signe qui lui dira qu’Antoine s’apprête à la rejoindre.
Mais mis à part les bruits assourdissants de la télévision, Elise n’entendra rien d’autre. Alors, elle s’efforcera de ne pas s’endormir, luttant contre le sommeil saisissant.
A défaut de compter les moutons, elle comptabilisera les battements de son cœur, de peur qu’il n’explose sous le chagrin.
Plus tard, elle s’assiéra de rage dans le lit, cherchera du regard le réveil, puis, voyant depuis combien d’interminables minutes elle patiente, elle poussera un soupir et étouffera ses pleurs dans les draps, ce soir encore.
Ensuite, épuisées, ses sanglots s’arrêteront sans même qu’elle ne s’en rende compte puisque son cœur, lui, pleurera encore.
Antoine, regardera les informations et ignorera les nouvelles annoncées. Il attend seulement de ne plus entendre de bruits de pas sur le parquet, pour pouvoir, enfin, aller se coucher.
Son cœur se fera petit, sa respiration lente, il restera attentif à chaque craquement, à chaque minuscule signe.
Il croira entendre Elise pleurer, mais ne tendra pas plus l’oreille, au contraire, il augmentera le son de la télévision, exacerbé.
Fatigué, luttant contre ses paupières trop lourdes, il se décidera à aller prendre une douche, faisant bien attention à ne pas faire trop de bruit.
Elise, fatiguée, attend qu’Antoine la rejoigne.
Antoine, épuisé, attend qu’elle s’endorme.
COMME UN REVE
Elle transpire. Ses cheveux sont collés à son visage, son corps est épuisé.
Elle a tellement souffert. Des frissons et contractions la parcourent encore.
Elle n’arrive plus à maintenir le flot de larmes qui l’inonde et les laisse alors couler à leur gré sur ses joues rosées.
Son mari, est là, tout près. Il tremble et ne se sent pas au mieux. Il aimerait bien s’asseoir mais n’en dit rien. Alors, il joint ses jambes pour être un peu plus solide et il tient entre ses mains, les doigts de sa femme.
Il essaie discrètement de se calmer mais c’est terriblement difficile.
Leurs regards se croisent et ils échangent des sourires.
Elle plonge ses yeux dans ceux de son mari et ne les quitte plus. C’est comme si ils échangeaient un long discours, mais en silence. Ils se comprennent juste en se regardant.
Ça faisait tellement longtemps que ça ne leur était pas arrivé !...
Quel bonheur.
Parce qu’elle a souffert, parce que cette période a été dure, mais que maintenant ce n’est que du bonheur.
La sage-femme s’approche est dépose un bébé tout propre dans les bras de sa maman.
Elle ne sait comment le tenir, il semble si fragile. C’est un garçon. Il porte une grenouillère blanche avec un petit trèfle bleu brodé sur le devant. La taille est parfaite, elle ne s’est pas trompée.
Le bébé ferme les yeux. Il semble s’apaiser dans les bras de sa mère. Il a un tout petit nez, un tout petit front, des oreilles minuscules et une bouche parfaite. Elle le berce lentement au rythme des battements de son cœur.
Le papa n’ose pas toucher son enfant. Il s’approche au plus près pour le regarder, il semble comme devant un objet extraordinaire. Ses yeux sont énormes, remplis de bonheur et de satisfaction, comme son cœur.
Le voilà enfin, ce petit être qu’ils attendaient. Ils n’y croyaient plus, l’attente était si longue.
Le bébé ouvre ses yeux, regarde sa mère et grimace.
Les parents se regardent alors, et se disent qu’ils s’aiment.
Comme dans un rêve, tout ce qu’ils souhaitaient vient de se réaliser. Leur famille s’agrandit, le monde aussi.
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Nico